Par ce galbé charmeur, qui incrimine mon regard
Cachée derrière un tulle noir et de dentelles fines
La transparence renflée, soignée, me laisse pantois
Ethique amputée et tronquée, quelle importance
Je me surprends à l'aimer pour sa seule beauté
Et si de mes yeux ensorcelés, je prise l'élégance
Aguiché et fasciné, sur place, je reste émerveillé
Comme un petit coin d'herbe avec des oiseaux tout près
Serein, je la contemple, grassouillette d'or et d'amour
Elle transcende d'émoi ce qui n'est que prosaïques pensées
Quel fou se contenterai d'un jardin aux allées si courtes
Elle a sa façon a elle de regarder ses ongles, baisser la tête
Une absence, une obscurité qui éteint le reflet de ses yeux
Une sorte de tanière, de refuge, nid de ses pensées secrètes
Sa bouche restée en suspend sur un demi-sourire, m'émeu
Le coeur fredonne et déploie un bouquet de bien_être, d'amour
Pas d'innocence, à petits pas, pas incertains, petits pas de loup
Doucement, je dépose un doigt sur le pétale de ses lèvres rouges
Baiser digital, humble marque de désir, de tendresse, de velours
Caresses, effusions d'amants, effleurements intimes
Chute incontestée de voiles et dentelles façon arazzi
Je me tiens, ni trop près, ni trop loin, là en vis à vis
Le miel et le lait de sa peau dévoilée m'attendrissent
Chassée de haine, chassée de peine, trouvée la douceur
Transi, je demeure immobilisé sur le parvis de son corps
Dieu! Je m'en réfère, est-ce un cas de force majeur
Ou tout simplement l'assassinat des images du malheur
Aux pépiements d'alouettes, éveil à l'ouverture de l'aube
Se fond, innée, une flèche de lumière, composition d'ode
Et de couleur, à la manière d'Anacréon, et confectionne
Sa superbe silhouette en poupée de saxe aux cheveux d'or
Humble et fat dans son maintien, je ne puis qu'approcher
Encore plus près, encore plus près, et plus près à la toucher
Soif d'elle, je bois sa beauté, son amour, et me chrysalide
Petit papillon aux iles courtes, je m'abandonne, me chenille
Et me vêt de son étoffe aux candeurs et fièvres de malacées
Roulent et roulent encore nos corps à corps à corps entrelacés
Il n'est de plus beau rêve que ce moment de latitude féminine
Et que Dieu me pardonne si je fusionne en son âme libertine
